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Digital Detox? Non, je ne la conseille pas!

On voit régulièrement passer la même idée : pour reprendre le contrôle de son smartphone, il faudrait faire une « digital detox ». Un week-end sans téléphone, 24 heures sans réseaux sociaux, le smartphone enfermé dans un tiroir, puis retour à la normale le lundi matin.

Je comprends l’idée. Couper complètement peut faire du bien sur le moment. Mais personnellement, ce n’est pas ce que je conseille. Parce que le problème n’est pas seulement le nombre d’heures que nous passons avec notre téléphone. Ce sont surtout les habitudes que nous avons construites autour de lui.

Deux jours sans téléphone ne changent pas forcément vos habitudes

Imaginez quelqu’un qui décide de passer tout son week-end sans smartphone. Il déconnecte complètement. Il lit, sort, profite de ses proches. Très bien. Puis arrive lundi matin. Il reprend son téléphone dès le réveil. Les notifications sont toujours là. Instagram est toujours sur l’écran d’accueil. Le téléphone revient à table. Il est consulté dès qu’un moment d’ennui apparaît. Il accompagne de nouveau le coucher. La coupure a été agréable. Mais qu’est-ce qui a réellement changé ? Pas grand-chose.

C’est précisément pour cette raison que je préfère travailler sur les habitudes quotidiennes plutôt que sur une grosse période de privation ponctuelle.

Une étude récente apporte d’ailleurs une nuance intéressante

En 2026, des chercheurs ont publié dans *Telematics and Informatics Reports* une étude intitulée **“Digital Detox as Prevention and Coping: Examining Techno-Overload, Cognitive Overload, and Burnout in Knowledge Workers”**.

L’étude porte sur 413 travailleurs du savoir en Slovaquie. Les chercheurs ont notamment étudié différentes pratiques de déconnexion numérique. Leur résultat ne permet pas de dire qu’une grande « digital detox » constitue une protection particulière contre la surcharge numérique.

En revanche, certaines pratiques régulières de déconnexion sont associées à moins d’épuisement et de difficultés cognitives.

Lire l’étude originale (en anglais)

Cette étude concerne le monde professionnel et une population slovaque. Il ne faut donc évidemment pas transformer ses résultats en règle universelle applicable à tout le monde. Mais l’idée qu’elle soulève me paraît intéressante : ce qui compte peut-être davantage, ce n’est pas de disparaître du numérique pendant deux jours, mais de modifier durablement la place qu’il occupe dans notre quotidien.

Je préfère une déconnexion quotidienne

Plutôt qu’un week-end entier sans téléphone, je préfère par exemple quelqu’un qui retrouve chaque jour plusieurs périodes pendant lesquelles son smartphone n’a rien à faire là : un repas sans téléphone, une heure de lecture sans notifications, une promenade pendant laquelle le smartphone reste dans une poche, une soirée où l’on ne consulte plus les réseaux sociaux après une certaine heure, ou encore une chambre dans laquelle le téléphone ne dort plus à côté de nous.

Cela paraît moins spectaculaire qu’une « digital detox ». Mais ce sont ces petits changements répétés tous les jours qui peuvent réellement modifier une habitude.

Commencer par enlever ce qui nous sollicite

Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de transformer son téléphone en Nokia 3310 pour retrouver un peu de calme. On peut commencer très simplement : couper les notifications qui n’ont aucune raison d’interrompre notre journée, retirer certaines applications de l’écran d’accueil, ne plus prendre automatiquement son téléphone lorsqu’on attend trente secondes quelque part, créer des endroits ou des moments dans lesquels le smartphone n’est plus invité.

Et surtout, observer ce qui déclenche nos consultations. Est-ce une notification ? L’ennui ? Une habitude ? Le besoin de vérifier quelque chose alors que nous savons parfaitement qu’il n’y a probablement rien de nouveau ? C’est là que les choses deviennent intéressantes.

Le problème n’est pas forcément votre smartphone

C’est aussi pour cela que je ne crois pas beaucoup aux solutions radicales imposées à tout le monde.

Le smartphone n’occupe pas la même place dans toutes les vies. Certaines personnes utilisent énormément leur téléphone pour travailler. D’autres pour communiquer avec leur famille. Certaines passent beaucoup de temps sur leur smartphone sans ressentir de problème particulier. D’autres le consultent beaucoup moins longtemps, mais plusieurs dizaines de fois dans la journée, avec l’impression de ne jamais parvenir à décrocher.

Il n’existe donc pas de nombre d’heures magique à ne jamais dépasser. La bonne question est plutôt : est-ce que mon smartphone prend davantage de place dans ma vie que celle que j’aimerais lui donner ?

C’est exactement pour ça que j’ai créé Mon Coach Déconnexion!

L’objectif de Mon Coach Déconnexion n’est pas de vous demander de jeter votre téléphone au fond d’un tiroir pendant 48 heures. Il est d’abord nécessaire de comprendre vos usages.

Combien de temps passez-vous réellement sur votre smartphone ? Combien de fois le consultez-vous ? Quelles applications occupent votre temps ? À quels moments le prenez-vous presque automatiquement ? Et surtout : quels usages aimeriez-vous réellement changer ?

À partir de là, on peut construire progressivement de nouvelles habitudes adaptées à votre propre vie.

Je ne vais évidemment pas détailler ici tout le programme. 😉 Mais le principe est simple : je préfère vous aider à reprendre un peu de contrôle chaque jour plutôt que vous proposer une grande cure de déconnexion que vous abandonnerez trois jours plus tard.

La digital detox peut être agréable. Elle peut même permettre de constater à quel point notre téléphone prend de la place. Mais mon objectif est différent. Je préfère qu’au bout de quelques semaines, vous n’ayez tout simplement plus besoin de ressentir l’envie de faire une « digital detox ».